vendredi 3 août 2007

Feminism is not dead!

Le féminisme est une doctrine qui préconise l’extension des droits, du rôle de la femme dans la société. Je ne l’invente pas, c’est petit robert.

J’entends des personnes préférer le terme égalité à féminisme, inutile et dépassé selon elles. Parmi elles des individu-e-s ayant participé aux luttes du mouvement féministe quelques décennies avant, qui considèrent maintenant ce combat arrière-gardiste.

Pourquoi opposer ce qui ne l’est pas. Le féminisme n’est-il pas le moyen de parvenir à l’égalité ? Que vaudrait l’égalité si les femmes, du fait d’être femme, continuaient à être discriminées ? Il pourrait y avoir en apparence une égalité devant la loi qui camouflerait de grandes disparités de traitement social. Juste un exemple, le statut des femmes est différent selon qu’elles soient mariées ou non.

Si l'égalité des humains est l'objectif, il est nécessaire de partir de la situation passée, présente, de la place des différentes personnes dans les sociétés, en prenant comme indicateurs des faits réels et argumentés. C’est ce que je tente de faire ici.

Pourquoi le féminisme n'est toujours pas mort ?
Les femmes sont dans toutes les sociétés l'objet d'une infériorisation. Pour asseoir cet état, les hommes sont valorisés créant une différence de fait, de par la considération apportée aux un-e-s et aux autres. Les hommes comme les femmes sont tenu-e-s de tenir un rôle correspondant aux attentes sociales en fonction de l'appartenance à un sexe. La reproduction de l'état sexué.

Alors que certain-e-s clament que les choses ont changé, qu'en est-il vraiment ?

Les femmes ont acquis certains droits au même titre que les hommes. Droit au travail sans l'autorisation d'un mari ou d'un père, droit de vote, droit d'être élues à des fonctions politiques, droit de disposer de leurs corps, ... En ne retenant que ceux-ci, nous pouvons déjà nous poser quelques questions, à savoir, les femmes utilisent-elles leurs droits à la même hauteur que les hommes ?

Le droit au travail : aujourd'hui encore les femmes sont moins en "activité" que les hommes, entendez par là qu'elles ne sont pas rémunérées pour leurs activités (et donc pas reconnues par la société dont le fonctionnement est basé sur l'économie - 63.8% de femme et 74.5% d'hommes âgé-e-s de plus de 15 ans en 2005 - Les indicateurs de l'insee).

L'activité féminine progresse mais n'a pas atteint le niveau des hommes, un écart de 10% subsiste, encore.

Les salaires des femmes étaient en outre inférieurs de 25,3%, en moyenne, à ceux des hommes, en 2002. Cet état est en partie expliqué par les activtés à temps partiel occupées à 85% par des des femmes.

L’égalité, obligation légale depuis 1986, reste toujours en marge du quotidien pour une majorité de femmes.

Le droit de vote est utilisé dans la même proportion pour les femmes et les hommes. Le droit d'être élue à des mandats politiques est lui bien en reste.

L'adhésion des femmes en 2005 à un parti politique était de 0% (1% pour les hommes - Les indicateurs de l'insee ). Dés lors comment peut-on obtenir une représentation équitable des deux sexes dans les instances politiques ?

Ainsi Les conseiller-e-s municipaux-ales sont 31.7% des femmes et seuls 10.9% des postes de maire leurs sont revenus en 2001.

11.1% des conseillères générales en 2004

12.1% de femmes élues à l'assemblée nationale en 2002 (39.3% de candidates)

47.6% de femmes élues dans les conseils régionaux en 2004 ( 49.4% de candidates)

16.9% de femmes élues au sénat en 2004

43.6 % de femmes françaises élues au parlement européen pour une moyenne générale de toute l'assemblée de 30% de femmes.

Quels sont les réalités qui font que les femmes s’engagent moins en politique ? Cette activité réservée pendant des siècles aux seuls mâles est restée un monde très masculin. La difficulté pour les femmes qui ont souvent la charge des enfants, qu’elles soient ou non en couple, de concilier vie familiale, professionnelles, politique, sans compter les tâches domestiques, n’est pas une mince affaire. Les journées pour les hommes comme pour les femmes ne font que 24 heures. Ainsi comment tout mener de front alors que le statut de l’élu-e permettant des allègements d’horaires de travail et des compensations financières pour permettre l’accès aux responsabilités politiques n’existe pas dans le pays des droits de l’homme.

Les femmes sont depuis leur tendre enfance éduquée pour être docile, servante, agréable. Quand il s’agit de se mettre en avant pour affirmer haut et fort des idées qui peuvent aller à l’encontre de celles d’autrui, fâcher certain-e-s, les femmes ont plus de difficultés à y parvenir de par l’éducation sexuée qu’elles ont reçue.

Parallèlement, les femmes sont très nombreuses à s’impliquer dans la vie associative mais là aussi elles n’accèdent que très peu aux responsabilités.

Sans l’indispensable parité dans toutes les instances et à tous les échelons, les femmes resteront dans l’ombre des hommes encore de nombreuses décennies.

Le droit à disposer de son corps est une idée qui a fait son chemin depuis les années de libération féminine. Le viol est aujourd’hui reconnu même au sein d’un couple mais combien de femmes victimes de relations sexuelles non consenties osent dénoncer ce qu’elles subissent ou ont subies ? L’accueil dans les commissariat de femmes encore sous le choc des coups de leur compagnon pourrait rappeler un mauvais film tant les agents tentent de dissuader la personne de porter plainte. Ils usent de tous les subterfuges, faisant descendre le brigadier chef qui affirme lui aussi que ce ne sont que des histoires de couple et que la femme n’a qu’à être compréhensive.

La loi protège petitement les femmes et ceux qui sont sensés les faire appliquer ne respectent pas la loi.

Le remboursement des moyens de contraceptions (préservatifs féminins et masculins compris) n’est pas une réalité. Seule les premières pilules sont prises en charge. L’élargissement du système de franchise va tenir éloigné-e du système de santé les plus fragilisé-e-s par le système économique. Les personnes touchées par des maladies chroniques vont être les premières victimes de cette nouvelle mesure ultra-capitaliste. Ne pouvant pas travailler elles se retrouvent parfois allocataires du rmi, parfois percevant l’allocation adulte handicapé qui pour 641€ mensuels se situe au dessus des plafonds en deça duquel ne s’applique pas la franchise. ActUp annonçait pendant la campagne présidentielle : « Sarkosy : nous n’y survivrons pas », nous compterons les mort-e-s.

L’inconscient collectif n’est pas en reste de leur politique. L’image du corps féminin et masculin, et donc des personnes renvoyée par les médias, les publicistes, modèle les représentations collectives sur les femmes, les hommes, l’humain. Ainsi il faudrait lier et fouetter une femme tandis qu’un garçon devrait avoir une voiture pour avoir une femme. Pour nous vendre des objets inutiles qui assurent leurs profits ils ont besoin d’humains en perte de repère, de culture. Les mass-médias sont là pour leur servir la soupe, d’ailleurs ils leur appartiennent. En nous faisant passer pour des objets, des êtres uniformés, ils cherchent à occuper le mental des personnes au repères fragiles, adultes et enfants.

Et comme l’argent « permet tout », tout est bon pour l’argent. Ainsi ce sont des humains qui sont commercés, entiers ou en pièces détachées pour leurs organes. Tout est bon… Tout est bon.

Le droit à l'éducation est significatif des effets de l’éducation sexuée sur les personnes.

Alors que jusqu'à 16 ans tous les enfants vont à l'école. Les élèves de première et terminale option sciences de l'ingénieur sont 16.7% des garçons préparant l'épreuve et 2.8% des filles. L'orientation des filles vers des filières littéraires ramène le taux de filles se présentant au bac supérieur à celui des garçons. On observe que les filles poursuivent davantage leur scolarité que les garçons. A 21 ans les filles fréquentent pour 56.9% d'entre elles un établissement scolaire (48.6% des garçons).

L’entrée dans la vie active marque un bouleversement dans le statut social des femmes. En âge de procréer, elles consacrent du temps à la reproduction de l’espèce… Et l’espèce lui rend par une non reconnaissance de ce rôle fondamental pour toute société.

Les vêtements et les modes ont permis la perpétuité des genres en limitant les mouvements des filles et protégeant les garçons. Les corsets ont laissés place aux robes et jupes tantôt larges, tantôt étroites, courtes ou longues mais toujours inadéquates pour mener des exercices physiques. Bien que les femmes aient acquis le droit de porter des pantalons, les rayons de vêtements sont non mixtes. Les garçons qui eux doivent portés des pantalons, des grosses chaussures, ils n’ont toujours pas acquis le droit de porter des jupes.

La liste des situations quotidiennes qui font qu’être une femme est plus difficile qu’être un homme dans nos sociétés est loin d’être exhaustive, elle ne pourrait l’être tant les situations sont nombreuses et tellement ancrées dans nos habitudes que nous ne les voyons pas. Je m’arrête donc ici pour le moment et vous invite à poster vos commentaires.

Le pied gauche au rebond.

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